Actualité et admissibilité : "it’s déjà-vu all over again"

Les événements qui se sont déroulés lundi lors du marathon de Boston ont fait resurgir un des marronniers les plus classiques de Wikipédia : peut-on traiter de sujets d’actualité sur Wikipédia? Si oui, quelles sont les balises? Quelles nouvelles sont admissibles? Combien de temps faut-il laisser avant de déterminer si le sujet est digne d’apparaître dans une encyclopédie?

Je ne vous le cacherai pas, j’ai un avis assez tranché dans ce débat, que je me garde de répéter à chaque fois qu’il ressort puisque je pourrais devenir désagréable. En gros, si quelqu’un veut écrire un article rédigé dans une bonne forme, pourquoi ne pas le laisser faire? Dans 10 ans, il restera au moins une source intéressante à consulter quand on voudra en parler et ça ne coûte pas grand-chose à personne de le laisser en place.

Je ne ferai pas le débat en longueur dans ce billet, mais j’aimerais soulever quelques contradictions dans le discours des personnes qui considèrent que les articles sur l’actualité sont presque par défaut à supprimer. Pour ce faire, je me référerai aux discussions qui ont eu lieu dans la demande de suppression de l’article sur les attentats de lundi et dans les sections qui en ont découlé sur le bistro.

Je tiens à spécifier ici que je n’ai rien contre les contributeurs de qui je tire les citations pour ce billet. Ils ont droit à leur opinion et il est correct qu’ils l’expriment. Ça ne change en rien tout le respect que j’ai pour toutes les personnes qui contribuent à l’encyclopédie, qu’ils veulent y voir de l’actualité ou non.

"Aucun recul, on ne sait absolument rien de ce qui s’est passé"

Oui, dans une telle situation, les informations sont dispersées, fragmentaires, souvent contradictoires et parfois tout simplement fausses. C’est cependant souvent le cas pour différentes situations, même celles qui se sont passées il y a très longtemps. On ne sait pas ce qui s’est réellement passé lors du suicide d’Hitler, les récits de cette histoire varient beaucoup et les preuves n’existent plus étant donné que les corps ont été brûlés. Pourtant, la chose est encyclopédique quand même : un homme ayant une importance historique s’est suicidé à la fin de son régime. Il n’est pas difficile de penser qu’à l’époque, on aurait pu affirmer, même quelques heures après l’événement, que ce moment allait être important dans le récit de la guerre. On n’en sait pas grand-chose, les récits sont contradictoires, même plusieurs années après, mais malgré tout il s’agit d’un moment décisif de la guerre, marquant la fin d’un régime. Je pense pouvoir affirmer que l’article « Mort d’Adolph Hitler » aurait été créé dans la seconde après la diffusion de la nouvelle si Wikipédia avait existé à l’époque et il n’y aurait pas eu de doute que cela aurait représenté un événement à portée encyclopédique.

La version originale de l’article anglais sur les attentats du 11 septembre 2001 a probablement été perdue dans les changements de logiciel de gestions qui ont eu lieu à peu près à ce moment. La plus vieille version qui figure sur le site date du 21 novembre 2001, mais elle semble assez bien développée, ce qui semble indiquer qu’elle a probablement été créée dans les jours qui suivent les attentats. Il n’y aucun doute que, même dans les minutes suivant les attentats, nous étions en train de vivre un moment marquant de l’histoire contemporaine. Je me rappelle, à l’époque, dans les heures qui suivaient ces attaques, on parlait de troisième guerre mondiale et de changement radical de l’attitude des Américains face au monde. Aurions-nous proposé la suppression de l’article pour cause d’absence de recul? Parce qu’on ne savait pas grand-chose de plus que le fait que des attentats importants avaient été commis? Je ne crois pas.

La beauté de travailler sur un wiki, c’est que les choses sont mouvantes. Au contraire d’une encyclopédie papier, publiée une fois par année, il n’y a pas de problème à rectifier les choses si l’importance d’un sujet change dans le temps, si des erreurs sont corrigées ou si une interprétation plus profonde est faite par la suite. Il ne suffit que d’appuyer sur le bouton « modifier » en haut de la page et de changer ce qui n’est plus valable ou d’ajouter ce qu’il y a de nouveau.

Cela dit, avec le recul qui viendra nécessairement avec le temps, il faut savoir porter un regard critique sur les écrits apportés dans le feu de l’action. Ce qui peut être captivant et important pour les médias pendant un certain temps peut devenir très anecdotique avec le recul.

Prenez par exemple la commission Bastarache qui a eu lieu au Québec en 2010. Pendant l’automne de cette année-là, on parlait des travaux de cette commission à tous les bulletins de nouvelles et dans tous les journaux. Des journalistes de tous les médias étaient assignés en permanence à la couverture de cette commission pendant plusieurs mois. J’avais entrepris de relater les événements de cette commission en détail et je pense avoir fait un bon travail à l’époque pendant le temps que je l’ai fait. Cependant, vers la fin du processus, il est devenu plutôt évident qu’il ne sortirait pas grand-chose de très juteux du rapport du commissaire et que cette commission ne passerait pas à l’histoire malgré les centaines d’heures et de pages de couverture qu’elle a suscitées. Aujourd’hui, je pense qu’il serait pertinent de revoir cet article pour y retirer les choses peu importantes et garder seulement l’essentiel. Cependant, il n’y a pas de doute qu’il s’agit d’un article qui a une importance encyclopédique pour le Québec.

Bref, il fait partie même de la définition d’un article d’actualité de comporter des imprécisions et un manque de recul. On y relate des événements qui viennent de se produire. Je pense cependant qu’il est important de rédiger ces informations dans un article pour qu’on en garde le souvenir. Ce que je propose à ceux qui jugent qu’on ne peut pas avoir de recul sur quelque chose qui vient d’arriver, c’est de se faire une liste de ces articles et d’y revenir dans un an. À ce moment, il sera possible de choisir une des voies suivantes :

1) Faire une demande de suppression parce que l’article n’a pas bien subi l’épreuve du temps. Si c’est le cas, il sera facile à ce moment de démontrer que l’objet de l’article n’a pas fait l’objet de suites.

2) Faire une refonte en profondeur de l’article pour retirer ce qui est anecdotique avec le recul. Sans supprimer l’article, il y a certainement des choses qui n’auraient plus besoin de s’y retrouver puisqu’elles n’ont pas acquis d’importance avec le temps. On pourra aussi ajouter à ce moment une analyse plus approfondie de la portée temporelle du sujet puisqu’elle sera établie à ce moment.

3) Laisser l’article tel qu’il est. Le sujet ayant pris une importance avec le recul étant donné qu’il a fait l’objet d’analyses et de reprises régulières, son article est tenu à jour et révisé régulièrement et il n’a plus lieu de s’inquiéter pour son admissibilité et son évolution.

Pour compléter cela par des exemples, à mon avis, les attentats du 11 septembre 2001 font partie de la catégorie 3. La Commission Bastarache fait partie de la catégorie 2; avec le recul, certains éléments sont moins importants qu’il n’en paraissait à l’époque, mais le sujet a tout de même une importance significative au Québec, ayant été un précurseur de la Commission Charbonneau qui est en cours. Anarchopanda est un autre exemple de la catégorie 2, celui-ci ayant fait l’objet d’une PàS mais ayant resurgi dans les médias dernièrement, confirmant qu’il fait l’objet d’une visibilité durable au Québec.

Je peine à trouver un exemple récent de quelque chose qui pourrait figurer dans la catégorie 1. J’imagine qu’il s’agit généralement d’événements qui font partie d’une suite plus grande et qui sont plutôt traités dans un article plus large. Par exemple, la démission d’un ministre pourrait faire l’objet d’un article lorsqu’elle se produit, mais finir par manquer de signification dans le temps et être déplacée dans l’article sur le gouvernement duquel ce ministre faisait partie ou vers l’article sur le ministre lui-même.

« Transférer sur Wikinews »

C’est une des armes préférées de ceux qui votent pour la suppression des articles d’actualité sur Wikipédia. Je dois dire que la chose est intéressante : il manque de contributeurs sur Wikinews et ce serait un grand plaisir de voir des habitués de Wikipédia consacrer un peu de leur temps à Wikinews. En fait, je suis tout à fait en faveur de cet argument!

Plus sérieusement, il y a deux choses à dire sur le sujet. D’abord, la licence de Wikinews ne permet pas de transférer du contenu de Wikipédia vers Wikinews. Ainsi, il faudrait plutôt dire : « sujet à traiter sur Wikinews ». Deuxièmement, Wikinews et Wikipédia ne devraient pas être mutuellement exclusifs tel que semble l’encourager cet argument. Au contraire, les deux sites devraient travailler main dans la main. Wikinews rapporte la nouvelle, jour après jour. Son travail est de supporter les articles sur un événement au fur et à mesure qu’il se produit. Telle personne a dit ceci sur le sujet, tel groupe a pris telle action, tels témoins ont affirmé telle chose. Wikipédia, de son côté, extrait de cette masse d’informations relatées au jour le jour une analyse plus globale dans une perspective encyclopédique : quels sont les moments clés et les acteurs importants de la nouvelle? Quel est l’impact global de cet événement? Dans quel contexte s’inscrit-il? Qu’en restera-t-il dans le futur? Ce sont là des questions plus encyclopédiques que d’actualité. Wikinews rapporte et, parallèlement, Wikipédia agrège et fait une analyse méta. Bref, leurs rôles ne sont pas exclusifs, mais bien conjoints.

« Wikipédia est une encyclopédie, pas un site web d’actualités »

Et pourtant… Quand j’ouvre la page d’accueil, un cadre montre les actualités. Plusieurs versions linguistiques de Wikipédia présentent des éphémérides (qui sont en fait des actualités importantes du passé). Il y a donc une certaine contradiction : Wikipédia n’est pas un site d’actualité; Wikipédia est un site dont la page d’accueil présente des actualités.

D’ailleurs, la contradiction va plus loin : personne ne va venir contester la présence, le jour même, des résultats d’élections dans les articles ou des résultats des compétitions sportives majeures (comme les olympiques). À gauche et à droite, on aura le classique débat sur le moment où le président devient le président (est-ce quand il est élu, quand il est assermenté, quand il siège pour la première fois, quand l’élection cesse d’être contestée, etc.?), mais on ne se dispute pas à savoir si les résultats doivent être publiés ou pas. Pourtant, le jour de leur publication, ils sont aussi incertains, éphémères, sans recul et sans portée encyclopédique durable que les attentats de lundi. Ainsi, Wikipédia n’est pas un site d’actualité, sauf dans sa page d’accueil et dans le contenu de ses articles.

En plus, comme je l’ai déjà dit, ce n’est pas comme si Wikipédia n’était pas faite pour être modifiée en direct…

« Pas de sources »

Ouais... Passons…

Kouacéquetuproposesdebord?

Au final, ça revient à ceci : on pourra toujours faire une PàS pour chaque événement d’actualité pour lequel on crée un article sur Wikipédia, il y aura toujours absence de consensus sur la question. En effet, pour chaque personne qui tient un des arguments que j’ai nommés plus haut ou un autre pour la suppression, on trouvera une autre personne qui sera également ou plus virulente pour la conservation de l’article parce que « sourcé » ou « important » ou « très visité » ou autre chose. Et les règles de Wikipédia en français et de ses PàS sont claires : pas de consensus => conservation de l’article.

C’est donc une bataille contre des moulins de demander la suppression par des PàS de page sur des actualités. Aussi bien les laisser exister et essayer de les rendre les plus encyclopédiques et neutres possible. D’autant que ce sont des articles qui seront très visités. Ce que l’on veut donc c’est qu’ils soient bons, neutres et rapidement écrits pour que le fort trafic causé par ces articles fasse augmenter la crédibilité de l’encyclopédie. Mettons nos énergies là-dessus plutôt que sur des débats stériles à chaque fois et nous améliorerons les choses.

Finalement, pour ceux qui votent systématiquement pour la suppression, faites-vous une petite liste personnelle de ces articles qui vous titillent (voici l’adresse pour la créer : [[Utilisateur:VOTREPSEUDO/listedesarticlesafairesupprimerunanaprèsleurcréation]]). Attendez un an et demandez-en la suppression quand il deviendra évident que ces articles ne sont pas nécessaires et peuvent être fusionnés à d’autres articles.

P.-S. : Je vous invite à commenter cet article plus bas. Dites-moi où je suis dans l’erreur ou commentez d’autres arguments que vous trouvez faibles. On pourra référer à cette page plutôt que de refaire le débat à chaque fois.

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Affaire DCRI sur Wikipédia : expliquer l’effet Streisand et le rôle de chacun (partie 2)

Dans le billet précédent, j’ai expliqué, à l’aide d’une comparaison avec une situation plus terre-à-terre, pourquoi la Direction centrale du renseignement intérieur a agi de façon inacceptable dans un État de droit. Cette explication faisait suite à une avalanche de textes expliquant le déroulement des faits. Or, plusieurs de ces textes parlent de l’effet Streisand sans vraiment expliquer ce que cela signifie. De plus, dans la plupart de ces textes, on peut relever au moins une confusion entre les acteurs du monde wikipédien dont font partie Wikimédia France, Wikipédia en français, la Wikimedia Foundation, l’administrateur de Wikipédia, l’administrateur de Wikimédia France. Certains pourraient soutenir que nous ne faisons pas assez pour dissoudre cette confusion et ils auraient probablement un peu raison.

Donc, dans ce second billet sur le sujet, j’aimerais prendre le temps d’expliquer ce qu’est l’effet Streisand, pourquoi je considère que la DCRI a bien mérité que cela lui arrive et ce qu’elle aurait pu faire pour éviter que cela se produit. Ensuite, j’aimerais prendre le temps d’expliquer la différence entre les multiples structures de l’environnement wikipédien pour mettre fin à certaines confusions.

L’effet Streisand : penser avant d’agir

Les définitions des mots service secret et sécurité nationale impliquent que les choses qui s’y trament doivent demeurer inconnues du public. Si un secret devient public, il n’est plus secret. D’ailleurs, cela est particulièrement vrai pour les informations publiées sur Internet. Toute information publiée sur la toile peut être retrouvée assez facilement, grâce à toutes sortes de moyens technologiques. Je ne démontrerai pas comment faire ici, mais il serait assez simple de trouver l’article Station herztienne de Pierre-sur-Hautes dont il a tant été question dans les derniers jours dans sa version d’avant sa suppression. Ainsi, il faut faire très attention à ce qui se retrouve sur Internet parce que, après coup, il est assez difficile de le faire disparaître.

En plus de cela, il faut savoir que l’essence même d’Internet vise à faire circuler librement de l’information, le plus rapidement possible. Ainsi, les utilisateurs du web sont très sensibles aux questions touchant le transit d’informations et la censure. Quand on demande la suppression d’un contenu, on risque de s’attirer des reproches de la communauté.

Finalement, je pense qu’on peut dire qu’il fait partie de la nature humaine d’être attiré par l’interdit. Si je vous dis « Ne mange pas ceci, ça a un goût très mauvais », vous allez être tentés de goûter pour vérifier mon appréciation de « très mauvais ». Ça me rappelle une anecdote de mon enfance. Quand nous allions à la piscine publique, nous devions nous changer dans un grand vestiaire sans cabines individuelles. Au moment de se changer, un camarade pudique disait toujours, au moment où il n’avait plus ses caleçons : « Ne regardez pas, je suis tout nu! » Et c’est à ce moment que tous les regards se tournent vers lui et que sa nudité est révélée.

L’effet Streisand, c’est l’action combinée de ces trois réactions intuitives du web : demandez le retrait d’une information du web et non seulement vous ne réussirez pas à le faire puisqu’elle restera accessible, mais en plus vous vous assurerez d’attirer l’attention sur cette information que vous ne voulez pas publique en plus de créer une controverse sur le fait que vous voulez la faire retirer. C’est inévitable sur le web, ça se produira à chaque fois.

Quelle est l’origine du nom « Effet Streisand »? En 2003, un photographe prend des clichés de la côte américaine dans le cadre d’un projet sur l’érosion des berges. Sur un des clichés qui sont publiés dans le cadre du projet, on voit une vaste demeure non identifiée. Le photographe en question est ensuite poursuivi pour atteinte à la vie privée par Barbara Streisand, celle-ci arguant que le photographe a révélé la position de sa maison et demandant le retrait des photos. L’affaire est reprise par les journaux qui montrent la photo partout. Bref, en demandant le retrait des photos, l’artiste a non seulement confirmé qu’il s’agissait de sa maison, mais en plus elle a créé un buzz médiatique autour de la chose et attiré l’attention sur ce qu’elle voulait privé, à la manière exacte de mon camarade dans le vestiaire. Si la chanteuse n’avait rien dit, sa propriété anonyme aurait paru dans un magazine ou un site internet inconnu ou peu vu, et personne n’aurait fait le lien entre cette photo et elle. En créant une affaire autour de la chose, elle a réussi à faire exactement l’inverse de ce qu’elle voulait.

Pour éviter de faire face à l’effet Streisand, il faut mesurer l’impact médiatique des actions publiques qu’on pose. Si l’on est un organisme public, il y a fort à parier que l’action que nous allons poser soit scrutée par les médias. Ainsi, si nous voulons demander la suppression d’une information compromettante, soit on le fait par des voies confidentielles ou tenues au secret, soit on ne le demande pas. Si l’action demandée vise une personne médiatique, il y a fort à parier que cette personne risque de parler de la situation dans les médias et qu’on perdra le contrôle du message. Dans le cas de la DCRI, Rémi Mathis n’était pas tenu au silence et il y avait fort à parier qu’il ne se laisserait pas faire sans rien dire. La Wikimedia Foundation, de son côté, a avantage à ne pas publiciser les actions légales qui sont prises à son encontre. Un juge ayant à déterminer si quelque chose fait partie du secret national a la responsabilité de ne pas révéler ce secret. Ainsi, si la DCRI avait respecté le cadre légal, elle aurait pu obtenir ce qu’elle voulait. En choisissant une voie d’action en dehors de ce cadre légal et en s’en prenant à une figure importante du mouvement wikipédien francophone, elle se garantissait une réaction telle qu’elle l’a reçue et c’est bien fait pour elle. En réfléchissant un peu sur les conséquences de ses actions, la DCRI aurait probablement pu éviter l’enfer médiatique dans lequel elle se trouve actuellement.

Les lecteurs intéressés à en savoir plus sur l’effet Streisand pourront aller lire l’article sur le sujet sur Wikipédia en cliquant ici.

Les structures wikimédiennes, un labyrinthe pour l’oeil extérieur

La structure organisationnelle du mouvement wikimédien est un absolu chaos pour l’observateur non initié et est la source de beaucoup d’erreurs d’analyse. Si vous lisez quelques articles de presse qui ont paru sur le sujet de l’affaire Pierre-sur-Hautes, vous verrez des choses comme :

« responsable juridique de Wikipedia France » – Le ministère de l’Intérieur français

« Des pressions sur un administrateur de Wikipédia France » – Article de Numérama

Ce sont là des exemples de mauvaises analyses qui mènent à d’importantes confusions qui peuvent expliquer pourquoi la DCRI a choisi Rémi Mathis comme cible de son intervention. Ces confusions sont courantes quand vient le temps de parler des affaires de Wikipédia et nous sommes probablement un peu responsables de cette confusion, car nous ne corrigeons pas systématiquement les erreurs et nous avons choisi des noms pour les choses qui manquent d’univocité. Cependant, il faut que les médias et les acteurs fassent un effort particulier pour ne pas mélanger des choses qui ne sont pas liées.

Je vais tenter de faire un résumé de qui fait quoi dans l’environnement wikipédien pour que les lecteurs s’y retrouvent mieux et je présenterai un graphique permettant de mieux comprendre que vous pourrez faire imprimer dans vos salles de rédaction respectives.

D’abord, il existe la Wikimedia Foundation aussi connue sous le nom de « Foundation » ou WMF. Il s’agit d’une organisation à but non lucratif qui est établie aux États-Unis et qui est l’hébergeur de tous les sites de l’environnement wikimédien. Elle supporte les installations dans lesquelles vivent toutes les versions linguistiques de Wikipédia (comme la version francophone, anglophone, allemande, en espéranto, etc.), mais aussi les sites Wikimedia Commons qui supporte toutes les images vidéos et son de l’environnement, Wikinews, Wikidata et bien d’autres. Juridiquement, elle est l’unique responsable de l’hébergement de ces contenus et la seule qui peut agir sur ces contenus à part les utilisateurs qui participent à ses sites. Quand vous donnez de l’argent « à Wikipédia », la plus grosse partie de cette somme part vers cet organisme pour supporter les opérations, le développement et la promotion des différents sites.

À l’intérieur de la Wikimedia Foundation, plusieurs sites Internet sont hébergés dont Wikipédia est le plus connu. Wikipédia est une encyclopédie libre en ligne qui existe dans plus de 285 versions linguistiques. En France, la version linguistique la plus visitée est la Wikipédia francophone. Il est incorrect de parler de Wikipédia France puisque les Wikipédias sont déclinées par langue et non par pays. Comme plusieurs francophones vivent hors de la France (comme moi par exemple au Québec), il faut parler de la version linguistique française. Ceci est d’autant plus important que les contributeurs de cette encyclopédie viennent de partout dans le monde et sont soumis à différentes juridictions. Par exemple, je ne suis pas soumis aux mêmes règles légales que Rémi Mathis puisque je contribue du Québec. Les infractions que je pourrais commettre sur la Wikipédia francophone ne peuvent être traitées qu’au Québec alors que celles que pourrait faire Rémi Mathis ne sont traitables qu’en France.

À côté de tout cela, il existe Wikimédia France, un organisme à but non lucratif français (de France), qui regroupe des contributeurs d’un peu partout dans le monde pour faire la promotion de Wikipédia et organiser des activités autour de l’environnement wikimédien (à travers les sites de la WMF). On peut voir le rôle de Wikimédia France comme un syndicat de contributeurs francophones établi en France. Rémi Mathis est le président de Wikimédia France. L’item le plus important à comprendre et qui est la cause de beaucoup de problèmes est que Wikimédia France n’est pas l’hébergeur de la Wikipédia francophone et n’a aucun contrôle éditorial sur ce qui s’y retrouve. Elle ne fait qu’organiser et  coordonner des activités d’utilisateurs de l’encyclopédie (comme des journées de contribution ou des rallyes photo) et faire la promotion du libre en France et dans le monde francophone. Je le répète pour que ce soit clair : Wikimédia France n’a aucune responsabilité légale face au contenu de Wikipédia, seuls la Foundation et les contributeurs qui ont amené le contenu en sont responsables légalement. Ainsi, on ne peut pas mettre en demeure Wikimédia France de retirer un contenu de Wikipédia ou l’accuser de censurer le contenu de l’encyclopédie puisqu’elle n’en a pas le contrôle. Pour être complètement transparent, il faut savoir cependant que Wikimédia France est financée par et finance la Wikimedia Foundation. Ce sont des entités entre lesquelles il existe des liens, mais Wikimédia France n’est pas la filiale française de la Foundation.

Maintenant qu’en est-il des personnes qui gravitent dans cet environnement? C’est là que ça se complique encore un peu. Commençons par la Wikipédia francophone et ses utilisateurs. Les utilisateurs de ce site peuvent être classés en plusieurs catégories qui se recouvrent parfois en partie. D’abord, il y a les lecteurs de Wikipédia. Ils la consultent pour y tirer du contenu. Ils peuvent même republier ce contenu parce que la licence de Wikipédia le permet. Il y a aussi les contributeurs. Ceux-ci contribuent à Wikipédia en y apportant du contenu. Si ces apports ne répondent pas à la législation de leur pays, ils peuvent être tenus responsables de leurs ajouts au sens de la loi. On peut suivre l’apport de chaque contributeur de Wikipédia en regardant son historique de contribution (le mien, par exemple). À l’intérieur des contributeurs, il existe un groupe d’utilisateurs élus par l’ensemble de la communauté qui sont des administrateurs de la Wikipédia francophone. Chaque version linguistique de Wikipédia a son groupe distinct d’administrateurs. Les administrateurs de Wikipédia ne sont pas responsables de la ligne éditoriale de Wikipédia, mais sont seulement des utilisateurs dotés d’outils informatiques qui leur permettent d’accomplir des tâches un peu plus complexes que les autres utilisateurs comme des suppressions d’articles ou des blocages de contributeurs. Les administrateurs ne font ces actions que selon la volonté de la communauté et dans le respect des règles que la communauté a fixées. Ils ne peuvent être tenus responsables du contenu entier de l’encyclopédie, ni individuellement accusés de censure, car ils ne font qu’appliquer les règles de la communauté avec des outils particuliers. En somme, ce sont des opérateurs de site qui n’ont pas grand-chose de plus que les autres à part un bouton ou deux pour contribuer. Aussi, ce sont généralement des utilisateurs de l’encyclopédie très expérimentés.

Maintenant, à travers ces contributeurs, certains sont membres d’associations de contributeurs (par exemple, Wikimédia France). Dans le cadre de ce membership, ils font généralement des activités à l’extérieur d’Internet pour publiciser Wikipédia et ses sites frères. Par exemple, ils font pression sur le gouvernement pour faire changer des législations ou font de la formation pour montrer aux gens comment utiliser Wikipédia. Ce sont donc des membres d’un groupe d’intérêt qui fait la promotion de Wikipédia. Quand ils portent ce chapeau, il faut les voir comme des membres d’un syndicat. Ce ne sont pas tous les contributeurs de l’encyclopédie qui sont membres d’une telle association. Cette association a bien sûr un conseil d’administration et des administrateurs. Ces administrateurs ne sont pas les mêmes que ceux dont j’ai parlé plus haut. Il faut donc faire la distinction : être administrateur de Wikipédia est un statut d’opérateur de site élu par la communauté des contributeurs; être administrateur de Wikimédia France, c’est faire partie du conseil d’administration de cette association et prendre des décisions sur la gouvernance de celle-ci.

Maintenant, il arrive que certains utilisateurs portent plusieurs chapeaux. Rémi Mathis (puisqu’on a parlé de lui) est administrateur de Wikimédia France et était, jusqu’aux événements de la semaine dernière, administrateur de la Wikipédia francophone. Dans le cadre de son premier mandat, il fait la promotion de Wikipédia et du libre mais n’a pas de contrôle éditorial de l’encyclopédie. Dans le cadre de son mandat d’administrateur de l’encyclopédie, il peut faire des suppressions et des blocages de contributeurs. Il n’est pas là non plus responsable de l’ensemble du contenu de Wikipédia. Dans le cadre de son travail de contributeur, il peut agir sur le contenu de l’encyclopédie, mais il ne peut être tenu responsable que du contenu sur lequel il a effectivement agi, pas de l’ensemble du contenu.

Bref, quand on s’adresse à un wikipédien, il faut bien comprendre quels chapeaux il pourrait être en train de porter, quelles sont les implications de chaque chapeau et surtout à quel chapeau on s’adresse. En faisant cela, on s’assure de faire des demandes sensées et de ne pas faire de raccourcis qui pourraient fausser notre compréhension. De plus, il faut faire attention de ne pas attribuer les responsabilités d’un chapeau à un autre que parce que la même personne peut les porter. Wikimédia France n’est pas responsable des actions des utilisateurs de la Wikipédia francophone même si elle milite pour leurs intérêts ou si ses dirigeants sont aussi des contributeurs ou des administrateurs de Wikipédia.

Un petit graphique pour mieux comprendre certains liens.

Un petit graphique pour mieux comprendre certains liens.

Ouf… Ça en fait beaucoup…

Oui, je vous l’accorde, ce billet était lourd. Mais sa bonne compréhension est nécessaire si vous voulez faire affaire avec l’environnement wikimédien. Faites bien attention d’identifier le rôle de chaque intervenant et de vous adresser à la bonne personne portant le bon chapeau pour être certain de ne pas faire d’erreur.

Dans l’histoire de Pierre-sur-Hautes, la DCRI n’a pas respecté le cadre légal qui aurait pu lui permettre d’arriver à ses fins. Elle n’a pas su non plus mesurer l’impact de ses actions pour éviter l’effet Streisand dont elle est maintenant une des plus fameuses victimes. Finalement, elle n’a pas su bien comprendre le fonctionnement de la structure pour s’adresser à la bonne personne avec le bon chapeau. Certaines personnes soutiennent que la DCRI l’a fait volontairement en espérant arriver à ses fins sans bruit; personnellement, je ne suis pas capable de statuer sur la question, mais j’espère que cette histoire permettra à tout le monde de mieux comprendre les dynamiques qui existent dans le monde wikimédien et dans ses relations avec l’extérieur.

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Affaire DCRI sur Wikipédia : rendre les choses plus terre à terre pour le public (partie 1)

Depuis quelques jours, les discussions autour du sujet des actions de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) ont été très animées. En gros, après voir échoué à faire supprimer un texte qu’elle jugeait compromettant pour la sécurité nationale française auprès de la Wikimedia Foundation, la DCRI a convoqué l’administrateur de Wikipédia en français et président de Wikimédia France Rémi Mathis en ses bureaux pour le sommer de supprimer l’article qui les titillait. L’affaire a fait beaucoup de bruit, vous pouvez suivre la revue de presse couvrant les événements sur Wikipédia pour en apprendre plus.

L’objectif de mon post n’est pas de raconter à nouveau l’histoire qui a largement été couverte, mais de rendre les choses un peu plus claires pour le public non wikipédien ou spécialiste d’internet. Il est assez aisé pour les internautes de comprendre pourquoi tout cela est une énorme erreur, mais je pense que pour le commun des mortels, il est facile de se méprendre sur les relations de pouvoir qui existent dans l’univers wikipédien et sur l’importance d’une relation de confiance paisible entre la communauté de l’encyclopédie et les autorités policières.

Dans la seconde partie de ce billet que je publierai plus tard, j’aimerais clarifier pour cette même personne trouvant tout cela complexe le concept d’effet Streisand dont on a largement parlé et l’organigramme de l’univers wikipédien, entre autres des différences qui existent entre les entités nommées en italique un peu plus haut.

Une comparaison, pour mieux comprendre

Le lecteur de toute cette affaire pourrait très légitimement se demander : en quoi la démarche entreprise par la DCRI est-elle si inacceptable? J’aimerais expliquer les choses par une comparaison dans un autre contexte, on verra tout de suite que les actions entreprises par les autorités sont tout à fait inacceptables.

Supposons que la compagnie Machin a travaillé avec une personne (appelons cette personne Paul) qui est soupçonnée d’avoir fraudé le gouvernement en ne payant pas ses impôts. Les autorités du revenu voudraient accuser Paul et pensent qu’il existerait des documents dans le quartier général de la compagnie Machin qui permettrait de prouver sa culpabilité.

Dans un premier temps, les autorités demandent simplement à la compagnie Machin de lui fournir les documents en question. La compagnie Machin, sensible au caractère privé de ses activités, jugeant qu’elle n’est pas en tort et ne reconnaissant pas de légitimité aux accusations des autorités, envoie son avocat pour répondre au ministère que celui-ci devra fournir de meilleures justifications ou un avis de la cour pour que la compagnie Machin se plie à la demande. Cet avocat spécifie aussi que si le gouvernement fait la preuve que les documents sont importants ou obtient un mandat, elle se fera un plaisir de collaborer avec eux. Finalement, le juriste de chez Machin rappelle que sa compagnie a collaboré à maintes reprises avec les autorités dans des cas semblables, mais qu’elle s’attend à recevoir un argumentaire solide pour justifier la remise de documents privés.

Suite à cette réponse, le revenu a deux possibilités : soit il améliore ses arguments en expliquant comme il faut à la compagnie Machin pourquoi elle doit fournir le document, soit il va devant un juge pour demander un mandat de perquisition au siège social de la compagnie pour obtenir le document en question.

Robert est concierge au siège social de la compagnie Machin. Il ne travaille pas pour cette compagnie, mais plutôt pour une entreprise spécialisée en conciergerie qui est sous-traitant pour la compagnie Machin. De plus, dans ses temps libres, Robert est le président du syndicat national des concierges. Il fait des conférences de presse, des apparitions dans des reportages télévisés et fait la tournée des associations de concierges pour faire avancer leur cause. Il est généralement connu du public.

Quelque part à l’agence du revenu, quelqu’un s’écrie : "Tiens! Robert est concierge chez Machin, je l’ai vu une fois à la télé, il doit avoir les clés du bâtiment. Demandons-lui de nous ouvrir pour aller chercher les documents que nous voulons. De toute façon, nous savons où ils se trouvent dans leurs classeurs. Aussi, c’est facile de trouver son adresse, elle est sur le site du syndicat." Et, sans plus réfléchir, on met en branle ce plan.

Deux agents du ministère se présentent donc chez Robert en lui demandant de les suivre pour aller ouvrir le siège social de la compagnie Machin. Robert leur explique qu’il ne peut pas le faire puisque cela contreviendrait à tous les contrats que sa compagnie lui a fait signer. De plus, il explique qu’il n’est pas employé de la compagnie Machin et que si ces messieurs veulent entrer dans leurs bureaux, ils doivent conclure un accord avec le bureau juridique de la compagnie ou obtenir un mandat. Robert insiste sur le fait que, de toute façon, la compagnie de conciergerie n’a rien à voir avec les activités de Machin, si ce n’est que d’être physiquement dans le même bâtiment.

Insatisfaits de la réponse de Robert et ne voulant pas faire à nouveau affaire avec les avocats de la compagnie Machin, les agents le menacent de l’amener au poste de police et de lui faire passer la nuit en prison pour entrave au travail d’agents du revenu s’il ne fait pas ce qu’on lui demande. De peur de se faire arrêter, ce qui pourrait avoir des conséquences très néfastes pour lui, Robert accepte à contrecoeur de faire ce qu’on lui demande et les agents obtiennent ce qu’ils voulaient. En faisant cela, Robert s’est placé dans une position très inconfortable par rapport à son syndicat puisqu’il n’a pas su se montrer plus fort que les demandes des autorités. Il a probablement aussi perdu un peu de la confiance de la compagnie Machin qui lui avait fourni les clés de son bâtiment pour son travail.

Cependant, qui peut blâmer Robert? Qui n’aurait pas fait la même chose devant la menace de passer la nuit en prison? Qui aurait persisté à dire "contactez les avocats de la compagnie Machin?" ou "Je ne peux pas le faire, vous n’avez pas de mandat".

En gros, si vous analysez ce qui s’est passé entre la DCRI (l’agence du revenu de l’histoire), la Wikimédia Foundation (la compagnie Machin), Rémi Mathis (Robert) et le syndicat de concierges (Wikimédia France), vous verrez que tous les autres acteurs ont raison de se fâcher contre les agents de la DCRI. Ils ont menacé une personne extérieure au problème et l’ont placée dans une situation très inconfortable pour obtenir quelque chose qu’ils ne devraient pouvoir obtenir que par des voies légales dans un État de droit. Ils ont courtcircuité la procédure normale permettant d’obtenir des documents privés.

Et, je tiens à le souligner, la question de savoir si la personne visée (Paul) par les documents est coupable ou non n’est même pas importante dans cette histoire. En comparaison dans le cas qui nous intéresse, le caractère problématique pour la sécurité nationale de l’article n’est même pas à prendre en considération. Si la DCRI avait fait son travail correctement, la Foundation, hébergeur du contenu, aurait réagi promptement en cas d’atteinte à la sécurité ou aurait répondu négativement si la compromission n’était pas avérée. La responsabilité de la DCRI était d’obtenir un mandat légal d’un juge pour faire supprimer le contenu et de respecter la procédure qui consiste à faire affaire uniquement avec l’hébergeur du contenu pour faire retirer le contenu. Sinon, elle aurait pu s’en prendre directement à la personne ayant causé la compromission, dans ce cas l’auteur des informations dans l’article ou Paul dans notre comparaison, ce qui n’aurait tout simplement pas eu de lien avec la Wikimedia Foundation ou Rémi Mathis.

Et alors?

Alors, notre responsabilité dans le futur est double. Dans un premier temps, il faut faire beaucoup de bruit dans cette affaire particulière pour dire que nous ne sommes pas d’accord avec les méthodes de la DCRI. Cela aura pour effet de la démotiver à utiliser ce stratagème à nouveau et démontrer que nous sommes attachés aux règles qui régissent les États de droit démocratiques. Il faut aussi rappeler que si les autorités respectent les voies légales, nous nous plierons aux décisions prises par les cours de justice ou les lois. Nous ne sommes pas des pirates d’Internet. Deuxièmement, nous devons, comme wikipédiens, être fermes lorsque nous sommes interpellés par les autorités. Il n’y a que deux acteurs vraiment responsables dans les questions légales sur Wikipédia : le contributeur qui a causé la faute et l’hébergeur (la Wikimedia Foundation). Il faut répéter et répéter cela pour que le système de justice ne s’adresse qu’à ses deux entités; pas les administrateurs de Wikipédia, pas la communauté des contributeurs, pas Wikimédia France ou toute autre association de contributeurs.

Maintenant, je pense que la DCRI a reçu ce qu’elle méritait dans cette histoire : un beau gros exemple de l’effet Streisand. Cependant, pour s’assurer que tout cela ne se reproduise pas, il faut s’assurer d’expliquer encore et encore l’organigramme de l’environnement wikipédien et les responsabilités de chacun. C’est ce que je ferai dans la deuxième partie de ce post, en plus d’expliquer l’effet Streisand.

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Critique musicale : The North Borders – Bonobo

La pochette de l’album est magnifique, comme celle des précédents d’ailleurs. (Image utilisée sous le fair-use)

Aller manger à la table d’un grand chef est toujours un plaisir. Cette semaine Simon Green, surtout connu sous le nom de Bonobo, nous a réinvités à sa table musicale pour un repas à 13 services nommé The North Borders, un repas qui est fidèle à la qualité habituelle de l’artiste. Un album bien fait, bien construit, agréable à écouter et qui saura plaire à ceux qui ont déjà goûté à la musique de Bonobo.

Cependant, il faut noter que Green nous avait préparé un menu extraordinaire en 2010 quand il nous avait proposé Black Sands, ce qui a eu pour effet d’élever les attentes par rapport à ce nouvel album. Que ce soit la première pièce du disque qui nous mettait en appétit de façon très puissante, la pièce Kiara qui nous explosait aux oreilles avec son rythme enlevant et un son audacieux ou le dessert que formait la pièce titre de l’album, une valse triste mais réconfortante avec laquelle on aurait envie de finir chaque journée. Pourquoi revenir sur le passé de cette façon? Parce qu’il est difficile de retourner à la même table sans se référer au souvenir de la dernière visite.

Dans cette optique, The North Borders nous laisse un peu sur notre appétit. Ce n’est pas parce qu’il n’est pas bon, mais plutôt parce qu’il n’est pas aussi bon que la dernière fois. Quelles sont les différences? Clairement, Green a laissé tombé ses influences orientales qui donnaient une touche d’exotisme à l’album précédent pour revenir dans une plage plus urbaine, classique dans la musique électronique-lounge. Aussi, dans leur ensemble, les pistes de ce nouvel opus sont beaucoup plus uniformes. Ce n’est pas une mauvaise chose en soi, mais ça enlève de la surprise à l’écoute. Bref, on retrouve dans cette production une musique actuelle, bien construite, agréable à l’écoute, mais les plats sont classiques et l’on retrouve du panais et de la muscade dans chacun des plats. Pas que le panais et la muscade ne soient pas bon, seulement, on s’attend à une diversité plus importante d’un musicien accompli.

Reste qu’il faut être honnête et dire que Bonobo a réussi à nous donner une liste de lecture assez intéressante. Les artistes invités (Grey Reverend, Erykah Badu, Szjerdene et Cornelia) apportent une touche très intéressante et variée. Les rythmes sont clairs et efficaces. L’album s’écoute très bien d’une oreille en faisant autre chose, lors d’une rencontre avec des amis ou d’un souper mais il résiste aussi à une écoute attentive. Parmi les meilleures pistes, il faut souligner "Transits", "Cirrus" (qui a fait l’objet d’un vidéoclip assez étrange) et "First Fires" qui ouvre l’album dans une lenteur enveloppante et agréable. The North Borders se rapproche plus de Four Tet à certains moments que des albums précédents du musicien comme Dial M for Monkey ou Days to Come.

Cet album n’est pas une révélation comme ont pu l’être les précédents enregistrements de Bonobo, mais il renferme une bonne dose de ce à quoi l’on s’attend de l’artiste et vaudra l’investissement. Vous pourrez continuer à le recommander à tous vos amis. Cependant, quand vous parlerez de l’oeuvre de Green, vous évoquerez probablement l’avant-dernière fois que vous êtes allé manger à sa table plutôt que votre plus récente expérience.

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Recette : le gâteau au chocolat le plus facile du monde

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Gâteau Gisèle, sans glace.

 

Voici une recette familiale de gâteau au chocolat qui est la plus facile à réaliser au monde. Elle est aussi appelée "Gâteau Gisèle" dans la famille.

Ingrédients

1½ tasse de sucre

½ tasse de cacao

5/3 tasse de farine

1½ cuillère à thé de soda à pâte (bicarbonate de soude)

1 cuillère à thé de sel

½ tasse de graisse

1½ tasse de lait

2 oeufs

1 cuillère à thé de vanille

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Résultat avec glace au chocolat!

Instructions (attention, c’est assez complexe)

Dans un grand bol, mélanger tous les ingrédients. Au malaxeur, battre 3 minutes.

Cuire à 375­°F jusqu’à ce qu’un cure-dent inséré dans le gâteau ressorte propre.

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Une fin de semaine de Commoniste.

Une photo tirée du match des Remparts. J’aime beaucoup cette photo.

Dans mon dernier billet, j’évoquais la possibilité de créer une licence "Wikipédia-Only" qui permettrait, évoquais-je, une diffusion plus facile pour certaines photos obtenues de corporations ou en collaboration avec celles-ci. Cette préoccupation m’était venue de la préparation d’une fin de semaine de photographie que j’ai réalisée pour Commons les 9, 10 et 11 novembre derniers.

Lors de ces trois journées, je me suis rendu dans trois évènements sportifs dans lesquels j’ai réalisé plus de 2000 photos, dont 150 se sont retrouvées sur Commons. Le vendredi soir, je me suis rendu au Centre Bell pour faire des photos lors du match opposant les Bulldogs de Hamilton au Crunch de Syracuse. Le samedi, en collaboration avec le Rouge et Or de l’Université Laval, j’ai immortalisé les matchs de basketball féminin  et masculin opposant McGill à l’équipe de l’université de Québec. Finalement, le dimanche, j’ai assisté à un match de hockey junior majeur opposant les Remparts de Québec au Screaming Eagles du Cap Breton. Ce furent trois jours bien remplis et très intéressants pour le travail de photographie que nous voulons accomplir pour Wikipédia. J’aimerais partager ici les observations que j’ai faites et les défis que j’ai dû relever au cours de la fin de semaine.

Au Centre Bell!!!

Aaron Palushaj, lors du match des Bulldogs

Tout ça a commencé fort. Benoit, de Wikimedia Canada, a réussi à nous obtenir une passe média pour le match des Bulldogs de Hamilton qui avait lieu au Centre Bell à Montréal. Il faut savoir que les Bulldogs sont le club école des Canadiens de Montréal et qu’avec le lock-out actuel de la LNH la ligue américaine dans laquelle ils jouent est la meilleure ligue de hockey en action en Amérique du Nord. Comme aucun hockey ne s’est joué à Montréal depuis la saison dernière, il y avait une atmosphère incroyable dans le stade, digne de la ligue nationale.

On me voit ici au Centre Bell avec la lentille louée pour l’occasion. Image: Benoît Rochon

Pour l’occasion, j’avais loué un objectif professionnel: la Nikon 300mm f/2.8. Un mastodonte qui pèse près de 3 kilogrammes. Comme tous les mastodontes, il se manoeuvre assez difficilement et son maniement est fatiguant. Assis avec d’autres photographes de presse, j’ai passé le match à prendre des photos et à les regarder travailler. Incroyable de les voir traiter leurs photos, les envoyer au journal en direct dans les quelques pauses du jeu. Et à voir leurs images sur leurs écrans, ce n’est pas la première fois qu’ils font ce genre de travail. On m’a dit que le match n’était pas très intéressant mais je dois avouer que je ne l’ai  pas vraiment sur le match. Apprendre à travailler avec la lentille, prendre des photos, m’arranger avec mon monopied qui avait de la difficulté à soutenir le poids de ma lentille; j’en avais plein les bras. Reste que je suis très satisfait du résultat, les photos sont excellentes et j’ai beaucoup appris sur ce genre de situations. Ceux qui sont intéressés peuvent voir les résultats dans cette galerie.

Une bagarre lors du match des Bulldogs

Qu’ai-je appris? D’abord, la lentille 300mm est un outil qu’il faut apprivoiser pour faire des bonnes photos mais qui est extrêmement performant. J’ai un peu l’impression que j’aurais été mieux servi par une lentille plus courte mais aussi rapide (du genre 200mm f/2.8). En effet, avec la résolution de mon capteur et la résolution consommée sur Wikipédia (des vignettes de 300 pixels), on ne cherche pas la précision mais la vie dans la photo. Ainsi, plus large m’aurait permis de mieux saisir des scènes d’action du match. La 300mm m’a permis de faire des beaux portraits mais pour beaucoup de situations, je devait cadrer très serré ou même perdre des morceaux importants. À réfléchir pour la prochaine fois…

Deuxièmement, j’ai appris que le réchauffement d’avant match est un moment privilégié pour la photo. Il faut en profiter le plus possible. Lors de ce match, je suis arrivé un peu juste et j’avais beaucoup de matériel, ce qui m’a empêché de me promener dans l’aréna dans le réchauffement. J’ai donc manqué beaucoup de beaux clichés à cause de cette erreur. D’ailleurs, c’est une autre chose que j’ai apprise lors de ce match: il faut réduire au maximum le matériel. Dans ce cas, j’aurais dû avoir uniquement mon appareil, la lentille et mon pied. Le reste était de trop. Si on n’est pas mobile, on ne peut pas réussir.

Action au filet opposé.

Troisièmement, j’ai appris à travailler avec ce genre d’organisations. Les Canadiens ont été très ouverts dans cette situation. Cependant, la gestion des droits est complexe. En effet, comme je le disais dans mon billet précédent, il est difficile de faire comprendre aux entreprises qu’ils ont avantage à nous laisser prendre des photos sous licence libre et elles aimeraient avoir d’autres conditions qu’on ne peut pas leur donner. Ces compagnies sont très strictes à propos de leur image de marque et c’est normal. Dans le cas présent, je pense que nous avons bien fait avancer les choses et j’ai l’impression que cette occasion a posé la première pierre d’une longue relation avec l’organisation du Canadien. C’est avec fierté et reconnaissance que je retournerai au Centre Bell pour faire de la photo, si c’est possible, pour les Bulldogs ou le Canadien.

En somme, mon expérience au Centre Bell était incroyable. Pour une première fois dans un contexte professionnel avec le matériel qui va avec, je suis extrêmement satisfait du résultat. J’attend avec impatience la chance de me relancer dans l’aventure et j’y serai très certainement encore plus compétent.

Basketball du Rouge et Or

Une joueuse de McGill pendant un lancer franc

Au cours de la semaine précédent ces évènements, j’ai contacté le département des communications du Rouge et Or de l’Université Laval pour aller faire de la photo lors du match de demie-finale québécoise de la ligue de football universitaire. Malheureusement, la logistique a rendu cela impossible. On m’a proposé d’aller plutôt voir deux matchs de basketball, féminin et masculin. J’ai accepté l’invitation. Étant équipé de ma lentille pour la fin de semaine, aussi bien en profiter pleinement et tester mes capacités.

J’avoue que le basketball n’est pas un sport que je connais bien. J’ai compris à cette occasion toute la vérité de l’observation que je fais souvent à des personnes qui me questionnent sur la photographie sportive: "il est beaucoup plus facile de photographier un sport qu’on connait bien parce qu’on peut anticiper ce qui  va se produire." Au basket, je ne peux pas le faire. Je ne sais pas où me placer, je ne connais pas beaucoup les règles. Bref, je suis démuni. Reste que j’ai réussi à prendre quelques bonnes photos lors de la soirée.

Un dunk, lors du match masculin.

Encore une fois, je dirais que la lentille 300mm était un peu de l’"overkill" pour la situation. Lourde et peu maniable, elle me rendait la vie difficile. Les meilleures photos ont été prises avec mon objectif 70-300mm qui me permettait un peu plus de versatilité avec son zoom et qui ne me faisait pas perdre trop de rapidité étant donné que la lumière était correcte.

J’imagine que je serai encore meilleur lorsque je retournerai faire un tour là-bas. Encore une fois, je dois prendre le temps de remercier tous les acteurs de l’Université qui ont rendu ma visite possible. C’était une activité très agréable et une façon de couvrir un sport qui reçoit peu de visibilité au Québec malheureusement.

Une joueuse de Laval en pleine action.

Avec un peu de chance, j’espère pouvoir assister à d’autres activités sportives à Laval. En particulier, je serais très content d’aller immortaliser un match de l’équipe masculine de football qui est une des équipes sportives les plus couvertes dans les médias de la ville de Québec et qui n’est pas très bien illustrée dans Wikipédia.

On peut voir le résultat de cette soirée ici.

Les Remparts seront bien illustrés…

Pour une troisième fois cette année, je me suis rendu à un match des Remparts de Québec. Cette fois-ci, j’étais armé d’une incroyable lentille et de toute l’expérience que j’avais acquise lors des jours précédents sur le maniement de mon matériel.

Grigorenko, le héros de la soirée avec 4 buts.

À vrai dire, j’aurais aimé avoir la possibilité de faire les choses dans le sens inverse. J’aurais beaucoup mieux performé aux Bulldogs si j’avais eu quelques heures de photos avec mon objectif loué derrière la cravate. Reste qu’aller aux Remparts est toujours un plaisir.  Ça le serait encore plus si l’organisation pouvait me donner une accréditation média pour que je n’aie pas à payer mon billet pour aller leur faire de la pub gratuite sur Internet. Malheureusement, ils n’ont toujours pas répondu à un de mes courriels. Je ne les lâche pas, je vais finir par l’avoir.

Là, je me suis beaucoup promené et j’ai réussi à prendre beaucoup de belles photos. J’ai encore eu l’impression que mon objectif de 300mm était trop long pour ce que je voulais faire. De plus, le Colisée n’est pas très bien équipé de bons endroits pour faire des photos. On est soit trop bas et bloqué par la baie vitrée, soit trop dans les spectateurs et on dérange ceux qui ont payé pour voir le match.

Cette fois, j’ai compris et j’étais là pour le réchauffement.

J’adore aller aux Remparts car c’est un bon terrain de jeu pour apprendre à faire de la photo sportive dans un contexte plus difficile. Il y a des gens dans les estrades, le calibre de jeu est rapide et les images qui en ressortent sont intéressantes.

De plus, cette fois, j’avais compris la leçon et j’avais réduit au minimum mon matériel. De cette façon, j’étais beaucoup plus mobile. Que ça serve d’exemple pour d’autres: soyez rationnels dans votre choix de matériel. Vous regretterez d’en avoir amené trop.

On peut voir le résultat de cette soirée ici.

Encore, encore, encore

Patrick Roy derrière le banc des Remparts

La conclusion de tout ça, c’est que j’ai tellement aimé l’expérience que je le referais encore si j’en avais la chance. J’espère que tous ces partenariats resteront actifs et que nous pourrons retourner dans ces amphithéâtres pour prendre à nouveau des photos.

S’il devait arriver qu’on ait la chance d’envoyer quelqu’un pour un match de la ligue nationale de hockey, je pense que ce serait incroyable. C’est en continuant à faire des séances productives que nous saurons convaincre ces équipes sportives de nous faire une place qui nous revient.

Maintenant, partagez aussi vos histoire de photographie sportive ou de relations avec les entreprises, je suis très intéressé de savoir comment vous vous y prenez pour obtenir des accès. Avec qui parlez-vous? Est-ce compliqué? Faites m’en part dans les commentaires!

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Pourquoi pas une licence "Wikipedia-Only"?

Wikimedia Commons est un site de la Wikimedia Foundation visant à faire une collection de fichiers multimédias éducatifs disponibles sous licence libre. Une partie secondaire de son mandat est d’être le reposoir de toutes les photos et médias qui illustrent toutes les versions linguistiques de Wikipédia et les projets frères de la Foundation. Ainsi, toute image disponible sur Commons peut-être utilisée pour illustrer Wikipédia et toute image disponible sur Commons doit être sous licence libre permettant modification et réutilisation, même commerciale. Donc, la plupart des images qui sont sur Wikipédia sont disponibles sous licence libre.

Les images sportives seraient plus faciles à obtenir si on pouvait convaincre les organisations de nous laisser prendre des images qui seront utilisées seulement sur Wikipédia

Toutes? Non. Quelques images résistent encore et toujours à l’envahisseur. Sur certaines versions linguistiques de Wikipédia, il existe des exceptions qui permettent d’importer des images qui ne sont pas acceptables sur Commons. Ces images sont supportées localement dans ces versions linguistiques. Par exemple, la version anglaise supporte des images sous copyright pour un usage selon le principe du "fair-use" (un exemple).  Sur la version francophone, on accepte les images de bâtiments architecturés encore protégés par le droit d’auteur (un exemple). Il est clair que ces exemples ne pourraient pas aller directement sur Commons car ils ne peuvent être disponibles sous licence libre.

Lorsque nous faisons affaire avec des corporations qui ont tout avantage à protéger leurs intérêts, il est difficile de les convaincre de libérer des contenus sous licence libre pour que nous puissions les utiliser sur Wikipédia. C’est compréhensible… Si votre compagnie a payé cher pour qu’un photographe vienne prendre des photos, elle n’a pas avantage à publier ces photos sous une licence qui permet une réutilisation même commerciale, donc une réutilisation qui pourrait faire directement compétition à la compagnie. Il est possible de faire assez de travail pour les convaincre mais la plupart du temps les demandes seront simplement rejetées du revers de la main.

Or, Wikipédia a besoin de photos de qualité pour illustrer l’encyclopédie et les compagnies ont avantage à publier leur images et sont parfois prêtes à le faire si elles ont la garantie que ces images seront utilisées pour Wikipédia uniquement. Pourquoi ne pas profiter de cet état de fait?

L’avantage évident d’une licence "Wikipedia-Only"

Imaginons que la version française de Wikipédia accepte une nouvelle licence qui serait supportée localement qui aurait seulement le texte suivant:

Licence fr-wikipédia seulement

Cette image est rendue disponible uniquement pour l’utilisation éditoriale dans le domaine internet de la version française du site Wikipédia. Elle peut être publiée dans une version modifiée sur ce domaine. Toute autre réutilisation n’est pas permise à moins d’avoir un accord avec le détenteur des droits d’auteurs.

Toute utilisation de cette licence nécessiterait une permission envoyée par OTRS qui serait authentifiée par les volontaires et identifiée comme telle.

À mon avis, une telle licence serait très intéressante. Elle permettrait de contacter une compagnie et de lui demander d’utiliser un média qui lui appartiendrait uniquement pour l’utiliser sur Wikipédia. Ce genre de contrat est très avantageux pour la compagnie car elle permet une visibilité incroyable sur un des plus grands sites internet du monde. Il est très intéressant pour Wikipédia aussi car il permet d’utiliser des images qui ne seront fort probablement jamais libérées avant leur arrivée dans le domaine public et il permet aussi de créer des liens avec des acteurs du monde de la production multimédia. Ces liens ont beaucoup de valeur et pourront même mener à des libérations sous licence libre après le premier pas franchi.

À terme, on pourrait même penser à mettre ces images disponibles pour tous les sites de la Foundation par une licence "Wikimedia Foundation-Only". Il existe déjà des exceptions à l’exigence de disponibilité sous licence libre, pourquoi ne pas en créer une qui aurait un fort impact sur la qualité de l’illustration de l’encyclopédie?

Une idée à discuter

Je ne dis pas qu’il s’agit d’une solution miracle mais d’une avenue qu’il serait intéressant de visiter. Dans mon cas personnel, elle permettrait en tout cas d’avoir une meilleure relation avec des entreprises chez lesquelles je voudrais aller prendre des photos pour publier uniquement sur Wikipédia. J’ai pris des photos sportives ou artistiques qui pourraient être pertinentes pour Wikipédia mais pour lesquelles je serais à risque de poursuites si je devais les rendre disponibles.

Aussi, une telle licence permettrait d’offrir quelque chose de plus intéressant à des entreprises qui pourraient vouloir partager leurs ressources avec nous sans vouloir nécessairement rendre les choses disponibles à l’ensemble du monde.

Si cette exception était acceptée, Commons resterait un reposoir de médias libre auquel il me ferait plaisir de donner des images qui y sont acceptées selon le mandat de ce projet. Cependant, je pourrais aussi améliorer l’encyclopédie avec des fichiers qui sont utiles pour celle-ci sans pour autant qu’il existe un intérêt à les rendre disponibles sous licence libre.

Je vous invite à discuter de l’enjeu dans les commentaires! Faites-moi part de vos opinions, points de vue, aspects que je n’aurais pas considérés pour faire avancer la discussion. Si vous la trouvez assez pertinente, peut-être pourrions-nous la proposer sur l’espace wikipédien.

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