TIC en éducation, résumé de la présentation

Vendredi le 4 mai dernier, j’ai eu la chance, en compagnie de Simon Villeneuve, de prendre parole au Colloque scientifique international sur les TIC [note de l’auteur: Technologies de l’Information et de la Communication] en éducation. Il s’agissait d’un événement où des intervenants (chercheurs, pédagogues, enseignants, etc.) de plusieurs pays différents venaient présenter les résultats de leurs recherches. Nous avons été invités, par l’entremise de Wikimedia Canada à prendre la parole dans cet événement.

Personnellement, j’ai eu la chance de participer à l’entiereté des activités des deux journées du colloque alors que Simon et Benoît ont seulement participé à la présentation de notre conférence.

Un colloque très bien organisé

À mon arrivée au Sheraton Montréal, j’ai tout de suite compris que nous allions prendre la parole dans un rassemblement de très haut niveau. La plupart des conférenciers que j’ai vu dans la première journée étaient des chercheurs universitaires qui présentaient leurs résultats de recherches. Des exposés très denses et bien construits, provenant d’universités prestigieuses de partout dans le monde. À les voir travailler, je me sentais tout petit dans mon titre d’enseignant au Cégep Limoilou. Quel honneur pour nous d’avoir fait partie de la sélection des conférenciers principaux du colloque (une dizaine mis en valeur sur plus de 240 présentateurs) et quel défi cela représentait pour moi qui n’a pas une très grande expérience dans des événements de cette ampleur.

Quels ont été les thèmes principaux des conférences auxquelles j’ai assisté? Dans un premier temps, il a été beaucoup question de l’impact de l’utilisation des technologies de l’infomation dans les classes. Quelles sont les conclusions? Multiples. Entre autres , il a été souvent évoqué que les technologies ne sont pas des fins en soi et que leur utilisation doit être utilitaire au développement de compétences chez les étudiants. Une technologie utilisée seulement pour son attrait de nouveauté n’aura qu’un impact minime sur les étudiants.

Deuxièmement, il a été longuement question de la place des ordinateurs, des téléphones cellulaires et des TBI (tableaux blancs interactifs) dans les classes. On y a dit que l’utilisation de ces outils représente souvent un défi pour les enseignants en termes de gestion de classe. Cependant, la plupart des études semblent s’entendre pour dire que ces outils sont des atouts importants pour ceux qui savent s’en servir et qui les utilisent correctement. Plusieurs intervenants ont cependant critiqué les TBI qui sont trop souvent utilisés uniquement comme des projecteurs multimédia. De quoi remettre en doute la pertinence de la mesure du gouvernement québécois visant à doter chaque classe de cet outil. Une solution mur à mur qui sera probablement très couteuse pour peu de résultats. En effet, selon les études, peu d’enseignants utilisent cet outil à son plein potentiel, plusieurs refusent carrément de l’utiliser et le support technique et pédagogique pour ces appareils est souvent limité, voire déficient. Une réflexion à approfondir à mon avis.

Troisième sujet récurent dans les travaux présentés : le portrait technologique des étudiants.  Quelques points suprenants ont été soulevés. D’abord, les étudiants québécois se disent très habiles en recherche informationnelle, selon au moins deux études présentées. C’est une affirmation qui m’a surpris, car elle est contraire à mon expérience personnelle et plusieurs auditeurs semblaient peu convaincus aussi. Ensuite, on a remarqué que les étudiants ne sont pas aussi « branchés » que nous pouvons le penser. Seulement environ 15% des cégepiens pourraient être considérés comme des utilisateurs avancés des technologies, selon les études. C’est une information contraire aux préjugés qui courrent dans la société, il me semble.

En somme, du point de vue des autres présentations que j’ai eu la chance de voir, je dois dire que ce colloque a été hautement intéressant et a suscité en moi beaucoup de réflexion sur la place de TIC dans la pédagogie. Ma conclusion: il faut voir les TIC comme un outil permettant de développer la compétence chez nos étudiants, pas une panacée universelle que règle tous les problèmes de l’enseignant. Aussi, étant donné leur grand coût, il faut s’assurer de faire un usage rationnel de ces outils et éviter les solutions mur à mur.

Notre présentation

À notre demande, la présentation que nous avons donnée avait été placée en fin d’après-midi, le vendredi. Les organisateurs nous avait placés dans la salle principale pouvant contenir 150 personnes et nous avaient annoncé salle comble. Or, comme il est normal dans des colloques, après deux journées complètes de conférences bien remplies, plusieurs personnes avaient décroché et n’étaient plus présentes. Ainsi, Simon a compté environ 50 personnes dans la salle au moment de notre présentation.

En gros, nous avons présenté de façon générale l’outil Wikipédia et quelques statistiques concernant sa fréquentation. Avec les enseignants présents dans la salle nous avons convenu que plusieurs étudiants utilisaient cet outil et que leur usage n’était pas nécessairement rationnel. Nous avons ensuite chacun (Simon et moi) présenté nos projets pédagogiques. Simon a parlé du sien plus en profondeur, j’ai donné les grandes lignes du mien (qui beaucoup basé sur celui de Simon, rendons hommage à l’initiateur ici). Finalement, j’ai expliqué comment on pouvait utiliser Wikipédia comme outil pédagogique. J’ai invité les personnes présentes à faire une utilisation créative de cet outil pour développer des compétences chez leurs étudiants. Entre autres, on peut penser au sens critique qui est très sollicité lorsque l’on travaille sur Internet ou à découverte de l’univers Internet par l’entremise de Wikipédia. On peut aussi faire des activités de traduction ou de lecture avec Wikipédia. Pourquoi ne pas aussi utiliser les compétences de nos étudiants spécialisés pour améliorer l’encyclopédie avec des cartes faites par des cartographes ou des photos faites et travaillées par des photographes en formation.

Aussi, nous avons abordé les défis et difficultés qui peuvent survenir avec des projets pédagogiques fait sur un Wiki public. Dans le contexte d’un colloque scientifique, je pense qu’il était important d’avoir un regard rationnel sur la proposition que nous faisions. Il est vrai que Wikipédia comporte des défis pédagogiques qui ne seront peut-être pas simples à relever. Cependant, la réaction générale du public semblait être que ces difficultés étaient hautement compensées par l’utilité de l’outil chez les étudiants.

Finalement, nous avions prévu une longue période de questions qui a duré plusieurs minutes (autour de 15). Celle-ci a permis de discuter avec les intervenants des différentes questions abordées. Humblement et avec beaucoup de surprise, j’ai constaté que la plupart des commentaires et questions étaient très positifs. Une intervenante a été dythirambique pour notre travail, alors qu’un autre a rapporté les résultats une étude de la revue Nature comparant la qualité de Wikipédia à celle de l’encyclopédie Britannica. La période de questions a pour moi été un moment pour réaliser que la plupart des enseignants semblait enthousiaste face à Wikipédia mais avait de la difficulté à l’aborder. Espérons que nous aurons réussi à créer chez eux l’envie de mieux comprendre cet outil merveilleux et de l’utiliser dans leur classe.

Benoît qui était présent dans la salle pour nous supporter techniquement a fait remarqué après la présentation que les réactions auraient probablement été très différentes si nous avions fait cette présentation 3 ou 5 ans plus tôt. En effet, les mentalités ont beaucoup changé depuis ce temps et nous aurions certainement fait face à un public plus critique. Ce constat nous aide clairement à nous encourager à faire de la vulgarisation sur WIkipédia auprès de tous les publics.

La projection faite lors de cette présentation est disponible présentement sur Commons en cliquant sur ce lien. Une captation vidéo a aussi été faite et nous espérons qu’elle sera publiée sous licence libre. (Mise à jour: le vidéo de la conférence est disonible sur Commons: http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Wikip%C3%A9dia_et_les_TIC_en_Education.ogv)

Un bilan

En somme, le Colloque scientifique international sur les TIC en éducation a été, pour moi, un grand succès. En effet, le colloque était très bien organisé et a su rassembler un grand nombre de personnes dont le point de vue était très pertinent. De plus, l’événement a su créer en moi une réflexion profonde sur l’usage des TIC en pédagogie. Finalement, nous avons eu une occasion extraordinaire de partager notre vision de Wikipédia dans les salles de classe avec des personnes faisant de la recherche en pédagogie et de l’enseignement et cette vision semble avoir été très bien reçue. D’ailleurs, j’aimerais prendre le temps ici de remercier mon cégep et Wikimédia Canada de m’avoir permis d’y participer. C’est avec beaucoup d’enthousiasme que j’envisage de refaire l’expérience de présenter Wikipédia dans de tels événements!

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2 commentaires pour TIC en éducation, résumé de la présentation

  1. Boréal dit :

    Très intéressant. Bravo pour votre travail.

  2. Ping : » Présentation du « Projet de Christine » Espace TIC

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