Critique musicale : The North Borders – Bonobo

La pochette de l’album est magnifique, comme celle des précédents d’ailleurs. (Image utilisée sous le fair-use)

Aller manger à la table d’un grand chef est toujours un plaisir. Cette semaine Simon Green, surtout connu sous le nom de Bonobo, nous a réinvités à sa table musicale pour un repas à 13 services nommé The North Borders, un repas qui est fidèle à la qualité habituelle de l’artiste. Un album bien fait, bien construit, agréable à écouter et qui saura plaire à ceux qui ont déjà goûté à la musique de Bonobo.

Cependant, il faut noter que Green nous avait préparé un menu extraordinaire en 2010 quand il nous avait proposé Black Sands, ce qui a eu pour effet d’élever les attentes par rapport à ce nouvel album. Que ce soit la première pièce du disque qui nous mettait en appétit de façon très puissante, la pièce Kiara qui nous explosait aux oreilles avec son rythme enlevant et un son audacieux ou le dessert que formait la pièce titre de l’album, une valse triste mais réconfortante avec laquelle on aurait envie de finir chaque journée. Pourquoi revenir sur le passé de cette façon? Parce qu’il est difficile de retourner à la même table sans se référer au souvenir de la dernière visite.

Dans cette optique, The North Borders nous laisse un peu sur notre appétit. Ce n’est pas parce qu’il n’est pas bon, mais plutôt parce qu’il n’est pas aussi bon que la dernière fois. Quelles sont les différences? Clairement, Green a laissé tombé ses influences orientales qui donnaient une touche d’exotisme à l’album précédent pour revenir dans une plage plus urbaine, classique dans la musique électronique-lounge. Aussi, dans leur ensemble, les pistes de ce nouvel opus sont beaucoup plus uniformes. Ce n’est pas une mauvaise chose en soi, mais ça enlève de la surprise à l’écoute. Bref, on retrouve dans cette production une musique actuelle, bien construite, agréable à l’écoute, mais les plats sont classiques et l’on retrouve du panais et de la muscade dans chacun des plats. Pas que le panais et la muscade ne soient pas bon, seulement, on s’attend à une diversité plus importante d’un musicien accompli.

Reste qu’il faut être honnête et dire que Bonobo a réussi à nous donner une liste de lecture assez intéressante. Les artistes invités (Grey Reverend, Erykah Badu, Szjerdene et Cornelia) apportent une touche très intéressante et variée. Les rythmes sont clairs et efficaces. L’album s’écoute très bien d’une oreille en faisant autre chose, lors d’une rencontre avec des amis ou d’un souper mais il résiste aussi à une écoute attentive. Parmi les meilleures pistes, il faut souligner « Transits », « Cirrus » (qui a fait l’objet d’un vidéoclip assez étrange) et « First Fires » qui ouvre l’album dans une lenteur enveloppante et agréable. The North Borders se rapproche plus de Four Tet à certains moments que des albums précédents du musicien comme Dial M for Monkey ou Days to Come.

Cet album n’est pas une révélation comme ont pu l’être les précédents enregistrements de Bonobo, mais il renferme une bonne dose de ce à quoi l’on s’attend de l’artiste et vaudra l’investissement. Vous pourrez continuer à le recommander à tous vos amis. Cependant, quand vous parlerez de l’oeuvre de Green, vous évoquerez probablement l’avant-dernière fois que vous êtes allé manger à sa table plutôt que votre plus récente expérience.

Publicités
Cet article a été publié dans Divers, Mes deux cents. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s